La question : comment l’Islande s’est-elle retrouvée là ?

Sur ce caillou perdu au nord de l’Atlantique, jouer au football est tout sauf une évidence. Les conditions hostiles – dont les vents forts – ne favorisent pas la pratique du ballon rond. Au début des années 90, l’île, qui ne compte que 330 000 habitants, soit la population de l’agglomération de Reims, ne disposait que de deux terrains artificiels ! Le gouvernement a alors lancé un plan structurel pour pousser les municipalités à s’équiper. Le pays compte désormais sept terrains couverts et six demi-terrains. Par ailleurs, chaque entraîneur se doit d’être diplômé (au niveau UEFA B, l’équivalent de la DH), ce qui permet aux jeunes de s’aguerrir auprès des techniciens reconnus. Ainsi, le niveau de jeu a augmenté. La crise financière de 2008 ayant fait partir les joueurs étrangers, les jeunes locaux ont pu bénéficier de temps de jeu avant, eux aussi, de découvrir les championnats étrangers. En vingt ans, l’Islande en a profité pour passer des bas de tableau de qualification à un huitième de finale de l’Euro.

Les fans : tous derrière l’Islande !

Ces derniers jours, le grand public a découvert l’enthousiasme des supporteurs irlandais et nord-irlandais, très populaires sur les réseaux sociaux. Mais les Islandais ne sont pas en reste. Mieux, l’Islande est le pays qui, proportionnellement à sa taille, dispose de plus de fans venus en France à cet Euro. Ils sont environ 20 000 depuis le début de la compétition, soit 6 % de la population totale de l’île !

La suite : l’Islande peut-elle encore créer l’exploit ?

Les Islandais ont du cœur, mais cela suffira-t-il ? Ce lundi, la sélection, qui est parvenue à terminer seconde de son groupe devant le Portugal et l’Autriche – un exploit en soi –, croise sur sa route l’Angleterre. Leur solidité défensive et leur propension à jouer groupés pourraient perturber la sélection des Trois Lions. Les Anglais n’ont jamais été sereins dans la compétition, eux qui ont été repris contre la Russie (1-1), ont arraché la victoire face aux Gallois en fin de match (2-1) avant d’être tenus en échec par la Slovaquie (0-0). Si les médias anglais ne peuvent concevoir une élimination dès les huitièmes de finale, l’Islande y croit et espère poursuivre un rêve qui a débuté mardi 14 juin, à Saint-Étienne, en tenant en échec le Portugal de Cristiano Ronaldo (1-1).

L’histoire : le co-sélectionneur dans un bar avant les matches

Les Islandais doivent bousculer leurs habitudes à cet Euro. Pourtant, certaines ont la vie dure. Le journal L’Équipe racontait il y a quelques jours le petit rituel d’Heimir Hallgrímsson, le co-sélectionneur de l’Islande. Deux heures avant chaque match de la sélection à Reykjavik, il se rend dans un bar situé dans un centre commercial de la banlieue de la capitale islandaise. Aux habitués il annonce alors la composition de l’équipe et détaille le plan de jeu des Islandais. Inconcevable en France d’imaginer Didier Deschamps se rendre dans un bistro de Saint-Denis avant les matches de l’équipe de France !

Le joueur : Sigthorsson, un roc dans le jeu

Qu’a changé le premier tour de l’Euro au niveau du jeu ? Les observateurs s’accordent à dire qu’il n’y a pas eu de révolution. Pourtant, un constat s’impose : les vrais « 9 », attaquants de pointe, ont quasiment disparu des compositions. En revanche, l’Islande, à l’image de beaucoup de « petites » sélections, s’appuie sur des attaquants pivots afin de sauter des lignes. À ce titre, l’Islandais Sigthorsson est un modèle : il est le joueur qui a remporté le plus de duels aériens par match (avec dix duels). Si les Islandais sont novices dans l’Euro, ils apportent donc leur approche technique dans la compétition.



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